Dés qu’apparaît l’idée de gratuité sur le net, le procès en démagogie n’est pas loin. Et pourtant, le net foisonne de gratuités.

C’est même le ressort de nombre des modèles économiques qui s’y sont développés.

Nicolas Curien, devant la fondation « Les Temps Nouveaux » l’avait décrit avec précision. Dans son dernier livre consacré à la société post-industrielle, Daniel Cohen considère justement qu’au XXIè siècle, la rivalité entre le « gratuit » et le « payant » sera à la mesure de la confrontation qui opposa durant le siècle précédent « le public » et le « privé ».

La gratuité a cela en commun avec la monnaie qu’existent la vraie et la fausse.

La vraie, c’est celle du partage, du don, dans un espace d’accès libre. La fausse n’en est pas moins acceptable, si elle s’analyse comme le moyen indirect (publicité, prélèvement…) d’assurer le financement de la création, de la presse.

La gratuité crée de la valeur…Voilà ce que devront méditer les apprentis économistes des générations à venir.

La gratuité bien comprise mêlera le don et la création de valeur.

Joël de Rosnay, auteur avec Carlo Revelli d’un ouvrage passionnant consacré à la transformation démocratique que produit l’émergence des blogs, négocia avec son éditeur de pouvoir offrir le téléchargement de ce livre quelques mois après sa publication, sous licence creative commons. À lire sur http://www.pronetaire.com.

C’est ce qui s’appelle ajouter l’acte au discours. Gageons que cette décision judicieuse et courageuse à la fois fera école ! Elle devrait certainement amplifier les ventes en librairie. « Flux+buzz=bizz »…